
Le bruit
LE BRUIT :
L’enfant acquiert dès les premiers jours de sa vie
un savoir-faire très performant concernant le bruit. Cela va d’ailleurs
s’affiner au fil du temps. Babiller, pousser des cris, faire du chahut, taper sur la
table, tirer une chaise sont autant de sons non organisés avec lesquels il prend plaisir
à jouer.
La réponse habituelle de l’adulte face à ces "
provocations " est la réprimande pure et simple. Or, que pouvons nous remarquer dans
ces compositions bruyantes :
Qu’elles provoquent des émotions positives ou
négatives, tant pour celui qui écoute que pour celui qui produit.
En outre, nous pouvons percevoir des consonances ou
dissonances bruyantes, des différences d’intensité que le musicien pourrait très
bien assimiler à un crescendo ou un decrescendo.
Nous pourrions poursuivre ainsi et nous rendre compte
combien les paramètres musicaux sont proches de ceux utilisés par l’enfant dans ses
improvisations bruyantes.
Ainsi, ces dernières pourraient tout à fait être
envisagées sous l’angle d’une volonté manifestée de communiquer plutôt que
de provocations destinées à nuire.
Au demeurant, dans le conflit dit " des générations
" je me souviens avoir entendu bien des fois la sempiternelle phrase : "ce
n’est pas de la musique que tu écoutes, mais du bruit " (*),
preuve en est que la frontière entre les deux n’est pas des plus évidentes.
L’une des originalités de cet atelier est de
favoriser l’émergence de ces potentialités, de permettre au jeune de prendre
conscience des effets, bons ou mauvais, obtenus avec ses propres productions.
Dans un second temps, l’enfant a la possibilité de
modifier ses bruits, de les organiser afin qu’ils deviennent audibles par tous.
Cette étape intégrée, il prend du plaisir à créer, à
donner un peu de lui mais également à être écouté. Nous pouvons entrevoir dans ce
processus les prémices d’un dialogue. |