
La musicothérapie réceptive

3. La musicothérapie réceptive.
Cette technique met en
jeu des affects des images et des émotions. Ce kit de base se retrouve également chez le
petit enfant. Il correspond à certaines zones du cerveau.
La musicothérapie réceptive individuelle met en jeu trois
protagonistes: La musique comme émetteur, le patient comme récepteur et le thérapeute
en tant qu'accompagnateur.
3.1 Comment se présente la séance?
3.1.1. Si on travaille suivant le modèle défini par J.Jost, on
aura... .
a. Un premier extrait qui reflète la difficulté du sujet. Par
exemple une musique militaire pour les rituels obsessionnels.
b. Le deuxième extrait va neutraliser les effets du premier car la
musique choisie sera d’une nature plus neutre.
c. Le troisième morceau portera sur l’ouverture souhaitée par
le sujet.
Certains thérapeutes font le choix de se passer du deuxième
extrait.
On laissera impérativment à la fin de la séance un temps de
parole de 15 minutes afin d’échanger avec le patient des appréciations sur les
trois musiques proposées.
3.1.2. Un autre schéma s’articule comme suit ... .
a. Passer un extrait d’environ 3 minutes dont l’objectif
sera de décharger les tensions. La musique écoutée sera généralement mal supportée
par l’auditeur.
(Musique de forte intensité, présentant des fréquences aigues et
une forme cahotique).
b. Impérativement, on intercalera ici une phase de verbalisation
qui aura pour but de faire émerger ce qui ne va pas.
c. En vue de restaurer un état de bien-être, on fera passer une
musique de détente d’une durée d’environ cinq minutes qui a pour but de
permettre à l’auditeur de se sentir mieux.
(Musique présentant un schéma souple, coulé).
d. On place ensuite une musique de relaxation d’une durée de
10 à 12 minutes.
(Musique présentant des mouvements amples et espacés).
f. Enfin, on achève la séance par une musique d’éveil
d’environ 3 minutes.
(Même profil qu’en c mais avec invitation à faire remonter la
vigilance).
3.1.3. Si au lieu de pointer une problématique, l’objectif est
de relaxer, on proposera une association musicale de quatre oeuvres comportant
successivement:
a. Une musique apaisante.
b. Une musique de détente.
c. Une musique de relaxation.
d. Une musique d’éveil.
3.2. Quelles sont les grandes catégories de musiques?
3.2.1. Les musiques apaisantes ne sont pas forcément
calmes. Leur objectif est de permettre au sujet de décharger ses émotions et ses
tensions.
3.2.2. Les musiques de détente sont calmes,
sécurisantes. Elles devraient normalement comporter peu de connotations émotionelles et
aider l’auditeur à lâcher prise.
3.2.3. Les musiques de relaxation ne doivent comporter
aucune variation sonore de timbre et d’intensité. Elles utiliseront de préférence
les basses fréquences. Normalement elles doivent réduire l’état de vigilance de
l’auditeur.
3.2.4. La musique d’éveil doit permettre à
l’auditeur de retrouver son état de vigilance normal. Elle sera plutôt gaie,
enjouée et progressivement dynamique.
3.2.5. Les musiques régressives sont peu structurées
et rechercées. Leur profil rythmique est large, lent, simple.
3.2.6. Les musiques enveloppantes ont pour but de
sécuriser, bercer, apaiser. Elles comportent une mélodie. Leur finalité symbolique est
de contenir le manque, de tisser des liens face à l’objet conflictuel
("L’angoisse est un manque de liens face à l’objet" S. Freud).
3.2.7. Les musiques fortes induisent une sensation de
puissance, d’énergie, de force, ... . Elles sont très utiles pour ramener les
potentiels d’un patient.
3.2.8. Les musiques déstructurantes sont employées
pour rappeler l’angoisse. Elles peuvent ainsi faire glisser des éléments
inconscients vers le préconscient. Leur rôle est de faire "éclater" les
difficultés afin de mieux réunifier la personnalité. Cette technique n’est pas
sans danger et demande une certaine expérience.
Ces extraits doivent impérativement être suivis d’une musique
restructurante qui aura pour fonction d’apaiser et de détendre. |