
Introduction
INTRODUCTION :
L’externat médico-pédagogique : L’ARC-EN-CIEL
" reçoit des enfants âgés de 6 à 14ans, présentant une déficience
intellectuelle moyenne ainsi que des troubles importants de la personnalité.
Tout au long de la journée, des éducateurs spécialisés
leur proposent diverses activités dites de guidance pour les apprentissages structurés
et d’accompagnement pour celles qui favorisent l’éveil de l’enfant.
L’atelier d’expression musicale dont nous allons
nous entretenir à présent s’inscrit dans cette dernière ligne.
Mon but cet après midi n’est pas de vous transmettre
un enseignement mais plus simplement de vous faire-part d’une expérience.
Au départ, je n’avais pas l’idée de mettre en
place une telle activité, mais peu après mon arrivée, en ouvrant des placards j’ai
découvert toutes sortes d’instruments en souffrance dans des cartons. Tout
naturellement, j’ai tenté de les mettre en vibration, pendant que revenaient à ma
mémoire des scènes vécues dans des bidonvilles d’Amérique latine : dans un
dénuement presque total, la vie reprenait vie, l’espoir reprenait forme humaine au
rythme des sons émis en frappant sur des caisses et des bidons.
Ma réflexion m’a amené à prendre conscience
combien l’être humain est lié à la musique, tout au moins à certains de ses
paramètres.
Dès le stade foetal, il est bercé par le mouvement
cardiaque de sa mère.
Plus tard il va être confronté à toutes sortes de
rythmes et de sons quotidiens : une berceuse, la chaîne hi-fi d’un frère ou
d’une soeur, le son d’une horloge, des cloches etc ...
Tous ces événements sonores vont envelopper
l’individu d’un environnement rythmique qui deviendra en quelque sorte
l’identité apaisante de son univers connu.
Afin d’illustrer ce propos, permettez-moi de faire
référence à madame Edith LECOURT qui a écrit ceci :" Le
médiateur que constitue la musique, possède un pouvoir affectif tout particulier lié à
la précocité du développement auditif par rapport aux autres sens et à sa relation
très étroite avec le système nerveux central. L’audition est avec la cénesthésie
le premier sens à se développer et détermine toute une partie du monde extérieur. Le
premier monde du nouveau-né est un monde auditif et cénesthésique " (2).
Le but de cet atelier n’est pas de former des
musiciens ni même de proposer une thérapie. Il est de partir des capacités naturelles
dont nous venons de discuter afin d’apprendre à l’enfant à
s’extérioriser tout en se contenant, de découvrir un autre mode de communication
avec les autres qui ne soit pas basé sur l’agressivité, de prendre du plaisir à
manipuler des instruments, de trouver un chemin pour grandir en harmonie.
Néanmoins un projet pédagogique ne saurait faire
l’économie d’un soutien de la théorie pour être crédible. Examinons celle
sur laquelle cet atelier repose. |