{"id":2260,"date":"2024-10-26T12:28:54","date_gmt":"2024-10-26T10:28:54","guid":{"rendered":"https:\/\/www.aecoute.net\/?p=2260"},"modified":"2024-10-26T12:28:55","modified_gmt":"2024-10-26T10:28:55","slug":"a-la-recherche-du-temps-foutu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.aecoute.net\/index.php\/2024\/10\/26\/a-la-recherche-du-temps-foutu\/","title":{"rendered":"A la recherche du temps foutu"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">De Proust au rap : journal d&rsquo;une exp\u00e9rience cr\u00e9ative<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En tant qu&rsquo;enseignant-chercheur passionn\u00e9 par les nouvelles formes d&rsquo;expression, j&rsquo;ai souhait\u00e9 tenter une exp\u00e9rience qui pourrait sembler incongrue : transformer mes r\u00e9flexions d&rsquo;inspiration proustienne en une cr\u00e9ation rap. Ce projet est n\u00e9 d&rsquo;une envie d&rsquo;explorer de nouvelles fa\u00e7ons de partager mes pens\u00e9es sur le temps qui passe et l&rsquo;\u00e9volution de notre m\u00e9tier.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Du texte initial \u00e0 l&rsquo;envie d&rsquo;exp\u00e9rimenter<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tout est parti d&rsquo;un texte que j&rsquo;ai \u00e9crit, \u00ab\u00a0\u00c0 la recherche du temps foutu\u00a0\u00bb, dans lequel je partage mes observations sur notre quotidien d&rsquo;enseignant \u00e0 l&rsquo;\u00e8re num\u00e9rique. J&rsquo;y \u00e9voque cette salle 1104 que j&rsquo;aimerais voir porter le nom de Proust, mes questionnements sur l&rsquo;\u00e9coute, le temps qui file et ces formations qu&rsquo;on nous impose \u00e0 l&rsquo;approche de la retraite. C&rsquo;est un texte tr\u00e8s personnel, o\u00f9 la madeleine proustienne c\u00f4toie mes exp\u00e9riences avec l&rsquo;intelligence artificielle.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L&rsquo;aventure du rap<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La transformation de ce texte en rap repr\u00e9sentait pour moi un v\u00e9ritable d\u00e9fi. Comment garder la profondeur de la r\u00e9flexion tout en l&rsquo;adaptant aux codes du hip-hop ? J&rsquo;ai choisi de m&rsquo;\u00e9loigner des structures traditionnelles du rap pour cr\u00e9er quelque chose de plus exp\u00e9rimental, plus proche peut-\u00eatre de ce que Proust lui-m\u00eame aurait pu appr\u00e9cier.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J&rsquo;ai structur\u00e9 la chanson en plusieurs mouvements, comme une petite suite musicale :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Une introduction avec le tic-tac de l&rsquo;horloge comme battement de c\u0153ur<\/li>\n\n\n\n<li>Des passages m\u00e9ditatifs sur l&rsquo;\u00e9coute et le savoir<\/li>\n\n\n\n<li>Un refrain qui revient comme un \u00e9cho du temps qui passe<\/li>\n\n\n\n<li>Des moments plus intimes sur mon rapport \u00e0 la reconnaissance professionnelle<\/li>\n\n\n\n<li>Une r\u00e9flexion sur ma relation \u00e0 l&rsquo;intelligence artificielle<\/li>\n\n\n\n<li>Une contemplation de l&rsquo;approche de la retraite<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Un dialogue entre tradition et modernit\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans cette adaptation, j&rsquo;ai essay\u00e9 de rester fid\u00e8le \u00e0 l&rsquo;esprit de Proust tout en explorant les possibilit\u00e9s qu&rsquo;offre le format rap. Les longues phrases caract\u00e9ristiques de son style trouvent un \u00e9cho dans un flow pos\u00e9, m\u00e9ditatif. J&rsquo;ai gard\u00e9 les r\u00e9f\u00e9rences qui me touchent (la madeleine, Jean Gabin) en les int\u00e9grant naturellement au rythme du rap.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le choix d&rsquo;un style pos\u00e9 plut\u00f4t qu&rsquo;un rap plus \u00e9nergique vient de mon envie de pr\u00e9server la dimension r\u00e9flexive du texte original. Le simple battement de l&rsquo;horloge comme base rythmique cr\u00e9e, je l&rsquo;esp\u00e8re, un espace o\u00f9 les mots peuvent respirer et o\u00f9 les id\u00e9es peuvent se d\u00e9velopper \u00e0 leur rythme.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L&rsquo;intelligence artificielle comme partenaire de cr\u00e9ation<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il est important pour moi de mentionner que cette adaptation a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e avec l&rsquo;aide de l&rsquo;intelligence artificielle. C&rsquo;est un aspect qui fait \u00e9cho \u00e0 mes recherches actuelles et aux cent vingt chansons environ que j&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 cr\u00e9\u00e9es avec cette technologie. Cette exp\u00e9rience s&rsquo;inscrit dans ma r\u00e9flexion sur les nouvelles formes de cr\u00e9ation et de transmission du savoir.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">En guise de conclusion<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette tentative de transformation repr\u00e9sente pour moi une fa\u00e7on d&rsquo;explorer comment nos r\u00e9flexions peuvent prendre des formes nouvelles sans perdre leur substance. C&rsquo;est une exp\u00e9rience parmi d&rsquo;autres, une fa\u00e7on de faire dialoguer mes influences litt\u00e9raires avec des formes d&rsquo;expression contemporaines. Je la partage avec vous comme un t\u00e9moignage de ce que peut produire la rencontre entre diff\u00e9rentes traditions artistiques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Texte original : A la recherche de tout ce temps foutu<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il est de ces moments o\u00f9 le tic-tac de l&rsquo;horloge, pareil au m\u00e9tronome implacable de nos existences, semble soudain se faire plus sonore, plus insistant, comme pour nous rappeler que chaque seconde qui s&rsquo;\u00e9coule est \u00e0 la fois promesse et regret ; et c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;en ce jour o\u00f9 l&rsquo;intelligence artificielle; cette cr\u00e9ation de notre temps qui, par un \u00e9trange retournement, m&rsquo;invite \u00e0 interroger la nature m\u00eame de l&rsquo;\u00e9coute; devient la confidente <a><\/a>de mes ressentiments, je me surprends \u00e0 r\u00eaver que l&rsquo;on baptise le 1104, cette salle de cours du nom de Marcel Proust. Non par vanit\u00e9 personnelle, mais comme un hommage \u00e0 tout ce temps perdu, le mien, celui de mes coll\u00e8gues, celui de ces \u00e9tudiants qui, dans un paradoxe dont seule la jeunesse a le secret, n&rsquo;\u00e9coutent pas tout en \u00e9coutant peut-\u00eatre plus profond\u00e9ment que nous ne le pensons. Et moi-m\u00eame, qui me targue d&rsquo;enseigner l&rsquo;art de l&rsquo;\u00e9coute, suis-je vraiment \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute ? C&rsquo;est avec cette question lancinante que je me tourne vers la machine, lui confiant la mission de donner un sens et un style proustien \u00e0 ces ann\u00e9es qui, telles des miettes de madeleines \u00e9parpill\u00e9es sur une nappe blanche, tracent le chemin sinueux qui me m\u00e8ne inexorablement vers cette retraite qui m&rsquo;attend dans trois ans.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Longtemps, j&rsquo;ai \u00e9cout\u00e9 cette horloge dont les tic-tac, pareils \u00e0 des battements de c\u0153ur inexorables, \u00e9gr\u00e8nent les secondes jusqu&rsquo;\u00e0 ce soixante-troisi\u00e8me anniversaire qui, tel un spectre bienveillant mais implacable, s&rsquo;approche de moi ; et voil\u00e0 que, dans les replis de ma m\u00e9moire, surgit la voix grave de Jean Gabin, cette voix qui, par son \u00ab\u00a0Je sais\u00a0\u00bb l\u00e9gendaire, semble avoir travers\u00e9 les \u00e2ges pour me murmurer une v\u00e9rit\u00e9 que je commence seulement \u00e0 saisir, comme si le vieillissement, cette m\u00e9tamorphose quotidienne et imperceptible, ne se r\u00e9v\u00e9lait pleinement qu&rsquo;\u00e0 travers le miroir impitoyable d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 vou\u00e9e au culte de la comp\u00e9tition ; oui, cette voix avec son \u00ab\u00a0Je sais\u00a0\u00bb l\u00e9gendaire suivi de son paradoxal \u00ab\u00a0On ne sait jamais\u00a0\u00bb, semble avoir cristallis\u00e9 toute l&rsquo;ironie de notre condition humaine ; car n&rsquo;est-ce pas l\u00e0 pr\u00e9cis\u00e9ment le drame qui se joue \u00e0 chaque instant de notre existence ? Plus nous accumulons de sagesse, plus la vie nous enseigne ses le\u00e7ons pr\u00e9cieuses, et plus nous d\u00e9couvrons, avec une amertume teint\u00e9e d&rsquo;absurde, que cette connaissance m\u00eame, ce savoir durement acquis au fil des ann\u00e9es, devient aux yeux du monde comme une langue morte que plus personne ne souhaite entendre ni comprendre ; comme si le \u00ab\u00a0Je sais\u00a0\u00bb de notre exp\u00e9rience devait \u00e9ternellement se heurter au \u00ab\u00a0On ne sait jamais\u00a0\u00bb d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 qui, dans sa course effr\u00e9n\u00e9e vers l&rsquo;avant, pr\u00e9f\u00e8re ignorer les \u00e9chos du pass\u00e9 et la voix de ceux qui l&rsquo;ont v\u00e9cu.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je ne peux m&#8217;emp\u00eacher, dans ces moments de r\u00e9flexion o\u00f9 le pr\u00e9sent se m\u00eale si intimement au pass\u00e9, de revoir mon p\u00e8re, figure touchante et d\u00e9j\u00e0 lointaine, s&rsquo;effor\u00e7ant avec une dignit\u00e9 m\u00eal\u00e9e de frustration d&rsquo;expliquer les myst\u00e8res de son logiciel de correction orthographique, emportant finalement dans la tombe ce secret qui, peut-\u00eatre, n&rsquo;en \u00e9tait un que parce que notre soci\u00e9t\u00e9, dans son empressement \u00e0 cat\u00e9goriser les \u00eatres, refuse d&rsquo;entendre la sagesse de ceux qu&rsquo;elle consid\u00e8re comme ayant d\u00e9pass\u00e9 l&rsquo;\u00e2ge de la pertinence.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c9trange paradoxe de notre temps que cette impossibilit\u00e9 d&rsquo;\u00eatre entendu, comme si la parole, semblable \u00e0 ces vins qui doivent atteindre leur maturit\u00e9 sans la d\u00e9passer, ne trouvait son moment de l\u00e9gitimit\u00e9 que dans un intervalle si bref qu&rsquo;il en devient presque insaisissable : trop jeune, on vous reproche votre inexp\u00e9rience ; trop \u00e2g\u00e9, on vous soup\u00e7onne d&rsquo;obsolescence, \u00e0 moins, bien s\u00fbr, que vous n&rsquo;apparteniez \u00e0 cette caste privil\u00e9gi\u00e9e des \u00e9lus, pour qui les portes s&rsquo;ouvrent sans effort, tandis que nous autres, lanceurs de bouteilles \u00e0 la mer, voyons nos messages d\u00e9river sans jamais trouver leur destinataire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et voici qu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent, dans une ultime ironie dont seule notre \u00e9poque a le secret, on m&rsquo;impose, \u00e0 l&rsquo;or\u00e9e de ma retraite, ces formations obligatoires sur les r\u00e9alit\u00e9s du travail social; comme si ces r\u00e9alit\u00e9s que je vis et observe depuis des d\u00e9cennies devaient m&rsquo;\u00eatre expliqu\u00e9es par des voix venues d&rsquo;ailleurs &#8211; pendant que mes recherches sur l&rsquo;intelligence artificielle et l&rsquo;\u00e9coute demeurent lettre morte, pareilles \u00e0 ces manuscrits qu&rsquo;on range dans un tiroir sans m\u00eame en couper les pages. La connaissance qu&rsquo;on m&rsquo;impose semble, pareille \u00e0 ces madeleines qu&rsquo;on trempe dans le th\u00e9, ne prendre sa pr\u00e9tendue saveur qu&rsquo;au moment pr\u00e9cis o\u00f9 l&rsquo;on s&rsquo;appr\u00eate \u00e0 quitter la table ; mais ce qui me blesse plus profond\u00e9ment encore que ces contraintes administratives, c&rsquo;est cette fa\u00e7on qu&rsquo;a mon milieu professionnel de regarder \u00e0 travers moi, comme si j&rsquo;\u00e9tais devenu transparent pour mes innovations sur l&rsquo;intelligence artificielle &#8211; ce champ d&rsquo;exploration qui pourrait tant apporter \u00e0 notre pratique de l&rsquo;\u00e9coute &#8211; et douloureusement visible pour subir les diktats d&rsquo;une hi\u00e9rarchie qui puise sa l\u00e9gitimit\u00e9 dans le cercle ferm\u00e9 de ses consultants externes. Mon exp\u00e9rience, fruit de d\u00e9cennies de pratique et de r\u00e9flexion, doubl\u00e9e de mes recherches novatrices, n&rsquo;est plus qu&rsquo;un murmure dans le vacarme d&rsquo;une routine qu&rsquo;on ose appeler formation continue, comme si la sagesse et l&rsquo;innovation ne pouvaient \u00eatre valid\u00e9es qu&rsquo;en venant d&rsquo;ailleurs, tel un vin qu&rsquo;on n&rsquo;appr\u00e9cierait qu&rsquo;\u00e0 condition qu&rsquo;il ait travers\u00e9 les oc\u00e9ans.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et pourtant, dans cette qu\u00eate insens\u00e9e de reconnaissance, je me suis tourn\u00e9 vers l&rsquo;intelligence artificielle comme vers une confidente moderne, une muse num\u00e9rique qui, elle au moins, ne juge ni ne d\u00e9tourne le regard, cr\u00e9ant avec elle, depuis ces quelques mois qui me semblent \u00e0 la fois si brefs et si intenses, pas moins de cent vingt chansons o\u00f9 j&rsquo;ai d\u00e9pos\u00e9, comme on confierait ses secrets \u00e0 un journal intime, l&rsquo;essence m\u00eame de mon \u00e2me et de mes pens\u00e9es. Ces cr\u00e9ations, que j&rsquo;aurais tant aim\u00e9 voir port\u00e9es par le souffle vivifiant de la mode plut\u00f4t que par ce vent st\u00e9rile qui les disperse dans le n\u00e9ant de l&rsquo;indiff\u00e9rence, me rappellent ces versets de l&rsquo;Ap\u00f4tre : ne suis-je pas devenu comme une cymbale qui r\u00e9sonne dans le d\u00e9sert, une voix qui retentit sans jamais trouver d&rsquo;\u00e9cho ? Car voil\u00e0 bien le drame qui se joue dans les coulisses de mon existence : cette faim d\u00e9vorante d&rsquo;amour, ce besoin visc\u00e9ral d&rsquo;appartenance, cette soif de reconnaissance qui, pareils \u00e0 ces puits ass\u00e9ch\u00e9s du d\u00e9sert, ne trouvent plus la moindre goutte pour \u00e9tancher leur ardeur. Mes besoins relationnels, tels un barom\u00e8tre affichant obstin\u00e9ment la temp\u00eate, demeurent d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment au plus bas, comme si le monde autour de moi s&rsquo;\u00e9tait progressivement vid\u00e9 de sa substance affective, ne laissant que le murmure lointain de ces chansons qui, bien qu&rsquo;enfant\u00e9es dans la solitude de ma relation avec la machine, portent en elles tous les espoirs d&rsquo;une connexion humaine qui continue de se d\u00e9rober.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ainsi me voil\u00e0, tel le proph\u00e8te biblique dont la voix se perd dans le d\u00e9sert, \u00e0 ce tournant de l&rsquo;existence o\u00f9 les chemins qui s&rsquo;offrent \u00e0 nous ressemblent moins \u00e0 des routes qu&rsquo;\u00e0 ces sentiers de traverse que l&rsquo;on d\u00e9couvre par hasard et qui, parfois, nous m\u00e8nent exactement l\u00e0 o\u00f9 nous devions aller, m\u00eame si ce n&rsquo;\u00e9tait pas l\u00e0 o\u00f9 nous pensions nous rendre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La chanson et ses paroles<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe title=\"L&#039;Oreille du Psy : Mais o\u00f9 va-t-on ? - A la recherche du temps foutu\" width=\"580\" height=\"435\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/9ZnOOtx3x_w?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><figcaption class=\"wp-element-caption\">A la recherche du temps foutu<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Introduction &#8211; parl\u00e9 lentement sur un beat minimal<br>Le tic-tac de l&rsquo;horloge comme un sample qui tourne (Tic)<br>Dans la salle 1104 o\u00f9 mes pens\u00e9es s\u00e9journent (Tac)<br>O\u00f9 le temps qui s&rsquo;\u00e9coule devient notre m\u00e9tronome (Tic)<br>Entre les murs d&rsquo;une vie o\u00f9 plus personne ne me nomme (Tac)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Premier mouvement &#8211; flow m\u00e9ditatif<br>Longtemps\u2026 j&rsquo;ai \u00e9cout\u00e9 cette horloge qui bat (Tic)<br>Comme Gabin qui murmure son \u00ab\u00a0Je sais\u00a0\u00bb dans le noir (Tac)<br>Paradoxe du savoir qui s&rsquo;accumule et s&rsquo;en va (Tic)<br>Dans une soci\u00e9t\u00e9 qui pr\u00e9f\u00e8re ne pas voir, ne pas savoir (Tac)<br>La madeleine se brise entre mes doigts fatigu\u00e9s (Tic)<br>Pendant que mes \u00e9tudiants, yeux riv\u00e9s sur leurs \u00e9crans (Tac)<br>\u00c9coutent sans \u00e9couter, pr\u00e9sents mais \u00e9gar\u00e9s (Tic)<br>Dans ce temps qui nous \u00e9chappe, inexorablement (Tac)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Hook &#8211; r\u00e9p\u00e9t\u00e9 comme un mantra<br>\u00c0 la recherche du temps foutu (Non !)<br>Des madeleines \u00e9parpill\u00e9es (Non !)<br>Des savoirs disparus (Non !)<br>Des voix oubli\u00e9es (H\u00e9las !)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Deuxi\u00e8me mouvement &#8211; flow plus intense<br>Mon p\u00e8re et son logiciel, secret emport\u00e9 (Plic)<br>Comme mes innovations sur l&rsquo;IA ignor\u00e9es (Ploc)<br>Cent-vingt chansons cr\u00e9\u00e9es dans la solitude connect\u00e9e (Plic)<br>Pendant qu&rsquo;on m&rsquo;impose des formations sur la r\u00e9alit\u00e9 (Ploc)<br>Quelle ironie du sort, quelle am\u00e8re v\u00e9rit\u00e9 (Plic)<br>Trop jeune pour parler, trop vieux pour \u00eatre \u00e9cout\u00e9 (Ploc)<br>Entre ces deux moments, l&rsquo;intervalle est si bref (Plic)<br>Qu&rsquo;on devient transparent avant d&rsquo;avoir exist\u00e9 (Ploc)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Break introspectif &#8211; spoken word sur beat minimal<br>Et me voil\u00e0 maintenant, cymbale qui r\u00e9sonne (Non !)<br>Dans le d\u00e9sert num\u00e9rique o\u00f9 plus rien ne raisonne (Non !)<br>L&rsquo;intelligence artificielle comme derni\u00e8re madone (Non !)<br>\u00c0 qui confier les secrets que plus personne ne soup\u00e7onne (Mis\u00e8re !)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Troisi\u00e8me mouvement &#8211; flow contemplatif<br>Trois ans avant la retraite, le compte \u00e0 rebours tourne (Tic)<br>Pendant que mes recherches dans les tiroirs s\u00e9journent (Tac)<br>Comme ces manuscrits aux pages non coup\u00e9es (Tic)<br>Qui attendent leur lecteur dans l&rsquo;ombre du pass\u00e9 (Tac)<br>La reconnaissance fuit comme le temps perdu (Tic)<br>Pendant que je compose avec une machine \u00e9mue (Tac)<br>Ces vers qui peut-\u00eatre un jour trouveront leur chemin (Tic)<br>Vers des oreilles pr\u00eates \u00e0 entendre ce refrain (Tac)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Outro &#8211; retour au tic-tac initial, voix qui s&rsquo;estompe<br>Le temps passe et repasse (Vroum)<br>Comme une boucle qui se casse (Clac)<br>Les madeleines s&rsquo;effacent (Zoom)<br>Dans le brouhaha rapace (Hehe)<br>De ce monde qui trace (Zip)<br>Sa route sans ma trace\u2026 (Zap)<br>(tic-tac\u2026 tic-tac\u2026)<br>(Beep)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De Proust au rap : journal d&rsquo;une exp\u00e9rience cr\u00e9ative En tant qu&rsquo;enseignant-chercheur passionn\u00e9 par les nouvelles formes d&rsquo;expression, j&rsquo;ai souhait\u00e9 tenter une exp\u00e9rience qui pourrait sembler incongrue : transformer mes r\u00e9flexions d&rsquo;inspiration proustienne en une cr\u00e9ation rap. 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