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Le psychologue du quotidien

Où mène la voie de la grosse tête ?

Si un alien à 65 millions d’années lumière regardait dans notre direction, il verrait des dinosaures. Décalages et lois de l’espace et du temps ! Et pourtant, en cette antropocène malsaine, notre espèce du genre homo sapiens qui en est encore à ses balbutiements ne pèse guère plus que nos prédécesseurs à l’échelle de l’univers. Non me direz-vous, nous sommes sapiens, ces roseaux conscients et pensants ployants sous la pression des vents de la fatalité que nous mesure Pascal. Sommes-nous ce peuple élu du monde des vivants ? Vraiment ? « Connais-toi toi-même alors tu connaîtras l’univers et les dieux » était-il écrit au fronton du Temple de Delphes ! Pourtant tel Diogène, je cherche encore cet Homme, cet humain au-dessus des préoccupations animales primitives, de ses automatismes primates et primaires, de ses injections de dopamine auxquelles il est devenu accroc.Quand les dinosaures sont tombés, ils ne pouvaient pas comprendre ce qui leur arrivait. Nous, si nous disparaissons, combien seront encore capable de comprendre réellement pourquoi et comment ? Car si les dinosaure avait pris la voie de la grande taille, nous, nous avons pris celle de la grosse tête ! J’ai la triste impression que les descendants de la philosophie des Lumières, cheminent vers des temps obscurs, tout en ayant jeté la lanterne de la science sur le bord du chemin. Nous nous prenons pour la lumière ! Quelle prétention ! Nous n’en avons pas besoin ! Quelle dérision ! Mesdames, messieurs la Lumière se conquière dans l’univers et en nous mêmes ! C’est un travail pour chacun à accomplir au quotidien. Comme toute discipline, cela demande du temps et de la pratique. Cela demande d’être tantôt actif, tantôt passif ! Mais notre système veut des « cons sommateurs », des producteurs de biens et services. Pas des emmerdeurs qui empêchent d’exploiter en rond les ressources naturelles au profit d’une espèce invasive. Ils doivent être assez instruits pour accomplir le travail demandé. Assez soumis pour ne pas remettre l’ordre en question mais surtout pas assez malin pour prendre une autre route que celle du profit, de l’expansion exponentielle, de l’exploitation à tous crins. Sur ce chemin de la croissance, il serait peut-être temps de se demander s’il n’est pas temps de bivouaquer, d’emprunter un carrefour. Nous allons droit dans le mur mais nous roulons tête baissée et dans le guidon ! Attention au choc, il pourrait être létal !