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L'art de rentrer dans le lard du sujet Les essais de Pascal Rivière

Jouer du Pipeau

Ah, la flûte à bec ! Cet instrument si cher à nos cœurs d’écoliers, qui résonne encore dans les couloirs de nos souvenirs. Mais pourquoi donc, me direz-vous, continue-t-on à enseigner la flûte à bec à l’école ? La réponse est simple : c’est pour nous préparer à la vie en société. Oui, vous avez bien entendu. Car vivre en société, et surtout réussir dans le monde actuel, c’est avant tout apprendre à jouer du pipeau.

Imaginez un instant : vous êtes en réunion, votre patron vous demande un rapport que vous n’avez pas fait. Que faites-vous ? Vous sortez votre flûte à bec imaginaire et commencez à jouer une mélodie envoûtante, pleine de promesses et d’illusions. Vous trompez votre monde, vous faites croire à des merveilles. Et voilà, vous avez gagné du temps, tout comme vous le faisiez en cours de musique, en soufflant maladroitement dans ce bout de plastique.

La flûte à bec, c’est l’école de la vie. Elle nous apprend à manipuler les apparences, à créer des illusions. Après tout, n’est-ce pas ce que font les politiciens, les publicitaires, et même certains enseignants ? Ils jouent du pipeau, ils nous vendent du rêve. Et nous, pauvres élèves, nous apprenons à les imiter, à perfectionner notre art pour ne pas finir comme les rats peu malins d’Hamelin.

Et puis, soyons honnêtes, la flûte à bec a un autre avantage : elle nous enseigne la patience. Car il en faut, de la patience, pour être et rester à l’écoute, supporter les couacs et les fausses notes de nos camarades. C’est un véritable entraînement à la tolérance et à la résilience. Vous pensiez que c’était juste un instrument de torture auditive ? Détrompez-vous, c’est un outil pédagogique de premier ordre.

Alors, la prochaine fois que vous entendrez les notes stridentes d’une flûte à bec, ne froncez pas les sourcils. Souriez, car vous savez maintenant que derrière chaque souffle se cache une leçon de vie. Apprendre à jouer du pipeau, c’est apprendre à vivre en société. Et qui sait, peut-être qu’un jour, vous aussi, vous deviendrez un virtuose de l’illusion.

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Nos Ombres qui Filent

Ah, que le temps fuit, insaisissable et sournois,
Comme ces ombres longues, s’étirant dans le soir,
Sur ce sentier du canal, je promenais mon roi,
Mon fidèle ami, au regard si plein d’espoir.

Les ombres fuient, comme la vie, impitoyable,
Le temps file, cruel, avec ses coups de sabre,
Et nous marchons, perdus dans ce tableau affable,
L’eau calme, miroir de nos âmes, douce et macabre.

Le canal charrie nos souvenirs, nos désirs,
Comme la vie emporte nos rires et nos peines,
Les émotions se fondent en des soupirs,
Mélancolie douce, où tout s’éteint et renaît.

Ombres fuyantes, vies fragiles, destins en croix,
Nous cheminons, complices, dans ce tableau si sage,
La vie suit son cours, telle une mélodie d’autrefois,
Chariant nos rêves, nos tristesses, nos âges.

Mon compagnon fidèle, à mes côtés, se blottit,
Son ombre s’allonge, se fond dans l’infini,
Et dans ce crépuscule, où les ombres s’unissent,
La vie et la mort, en un doux ballet, s’évanouissent.

Mais dans l’ombre se cache l’aube nouvelle,
La renaissance, promesse d’un jour éclatant,
Les souvenirs se mêlent à cette lumière belle,
Un cycle éternel, un espoir renaissant.

Ainsi, malgré les ombres et les heures qui passent,
Je garde en moi l’espoir, doux et persistant,
Car de chaque fin naît une nouvelle trace,
Et la vie, toujours, se renouvelle finalement.

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Avec un grand H ?

Faut-il écrire le cours d’histoire avec ou sans majuscule
Quand le mot n’entame pas la phrase ?
La poursuite de la réponse à cette question
Peut sembler triviale
Mais le prof d’histoire
Sans doute sentimental
En fit toute une histoire
Une question comme une bombe
Avec un grand H
Qui explosa
Répan­dant l’opprobre et les invectives
En une étincelle
Le voilà fusionnant Hiroshima et Nagasaki
En un Tsunami verbal
Quelle histoire !

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Comment lui dire adieu ?

Sous les feux doux d’un Paris endormi,
Chantait Françoise avec une tendre mélodie,
Ses ballades murmuraient les secrets des cieux,
Comment lui dire adieu ?


Des années soixante, elle fut l’icône rêveuse,
Yé-yé envoûtante, de mode, elle était la muse,
Ses notes, étoiles brillantes dans l’azur radieux,
Comment lui dire adieu ?


Dans les films, elle jouait des rôles délicats,
Une balle au cœur, château en Suède, c’était là,
Sa grâce illuminait l’écran silencieux,
Comment lui dire adieu ?


Avec Gainsbourg, Modiano, Berger en écho,
Elle tissait des chansons comme un délicat réseau,
De « Tous les garçons et les filles » jusqu’au crépuscule bleu,
Comment lui dire adieu ?


Les astres, elle les lisait, mystérieuse astrologue,
Écrivaine passionnée, des mots elle était la vogue,
Dans ses livres, la vie révélait ses aveux,
Comment lui dire adieu ?


À Jacques Dutronc, elle lia son destin,
Avec Thomas, fruit d’un amour sans fin,
Son sourire était un doux matin brumeux,
Comment lui dire adieu ?


Et maintenant qu’elle a rejoint les cieux lointains,
Son chant résonne, immortel, serein,
Dans nos cœurs, elle demeure, à jamais silencieuse,
Comment lui dire adieu ?

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Albums Souvenirs

Au creux du disque dur, dort un trésor latent,
Un lot de souvenirs, captifs mais éloquents.
L’amplification s’éveille, douce et vive,
Comme cette chanson de Jakie Quartz, si pensive.


Les souvenirs affluent, en vagues émouvantes,
Les émotions reviennent, éclatantes, insistantes.
Le film de la vie défile, scènes par scènes,
Révélant les ambiances, en lumières sereines.


Le regard de l’esprit se tourne vers le passé,
Explorant les méandres de moments retracés.
Comme les pages d’un album, les images s’enchaînent,
Nostalgie quand tu nous tiens, et notre cœur entraines.


Que faire de ce don, brûlant dans nos mains ?
Trop beau, trop lourd, tel un plat chaud soudain.
Comme jadis avec les mélodies du disco,
Les musiques new age peignent un même tableau.


L’éternel retour, ce cycle sans fin,
À jamais passé, mais vivant en notre sein.
Un plongeon dans le temps, une danse délicate,
Où l’âme retrouve ses notes, douces et délicates.

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Partir

Courir dans les prés fleuris, partir en riant,
La rosée du matin, un trésor qui scintille,
Les yeux emplis d’étoiles, partir en rêvant,
Vers des mondes imaginés, l’esprit qui pétille.

Partir en quête, le cœur d’ardeur battant,
Sous le soleil d’été, sans peur, brûlant,
Partir avec des rêves grands comme l’océan,
Vers l’inconnu, l’aventure, toujours puissant.

Partir en chantant, le cœur insouciant,
Vivre chaque instant, sans paresse, intensément,
Partir avec des amis, rires et pleurs partagés,
Forger des souvenirs, au fil des heures passées.

Partir en réfléchissant, sous le poids des années,
Les feuilles d’automne tombent en pensées,
Partir en quête de sens, à la recherche de soi,
Construire un chemin, sous un ciel clair en émoi.

Partir avec sagesse, les tempêtes ont pris fin,
Regarder en arrière, succès et regrets mêlés,
Partir avec espoir, vers des jours sereins,
Trouver cet apaisement, au crépuscule doré.

Partir dans un tourbillon, pages d’un dernier refrain,
Quand le bateau-livre sombre, sifflé d’un trait,
Partir, le verre à la main, sirotant l’oubli en vain,
Perdu dans des rêves troubles, où le réel se défait.

Partir trop tard, laissant l’œuvre inachevée,
Tel un phare, un dernier regard vers le passé,
Partir en un bouquet final, sur une pierre tombale,
Un geste délirant, cracher au ciel en un râle.

Partir en un délire, jetant ses perles aux cochons,
Emporté par la folie, libre de toute raison,
Partir dispendieux, en un ultime éclat,
Vers l’au-delà mystérieux, où tout s’effacera.

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Musique des cimes

Oh, montagnes augustes, majestueuses et sacrées,
Vos cimes enneigées, telles des voiles nacrées,
S’élèvent vers l’azur, où le silence règne,
Et l’éternité, à vos pieds, se baigne.

Les vallées verdoyantes, par les ans caressées,
S’étendent à l’infini, de splendeur enlacées,
Les torrents murmurants, entre les roches errant,
Chantent des hymnes doux à l’aube naissante.

Sous le ciel éclatant, de nuances bleutées,
Se dévoilent les secrets de ces terres enchantées,
Où le regard se perd, dans un songe éternel,
Et l’âme s’apaise, dans ce monde irréel.

Ô demeure paisible, humble toit de pierre,
Tes murs abritent l’esprit de la terre,
Dans ton ombre douce, le voyageur repose,
Et contemple, en silence, ce spectacle grandiose.

Ainsi, dans ce tableau de nature infinie,
Je trouve l’inspiration, la douce harmonie,
D’un poème d’amour, à ces monts consacrés,
À la beauté pure, éternelle, exaltée.

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Sous le porche

Passant sous le porche, en ce matin aimé,
Les pierres se réveillent de l’ombre enlacée,
Une lueur douce se glisse, discrète,
Sur les pavés anciens, où l’histoire se reflète.


Les volets rouges éclatent, fervents,
Sur la façade verte d’un lierre aimant,
Qui enlace les murs de son étreinte vivante,
Tissant des souvenirs dans l’âme du passant.


Le chemin serpente, sous l’arche de pierre,
Un parfum de roses emplit l’atmosphère,
Un cyprès s’élève, gardien silencieux,
De ce coin de paradis, simple et précieux.


La porte cloutée, témoin de ce temps passé,
Raconte des histoires aux cœurs fascinés,
Des secrets chuchotés à l’oreille des brises,
Des amours éphémères, des larmes de surprises.


Passant sous le porche, en ce matin doré,
Je me laisse bercer par l’instant sacré,
Où la nature et l’homme, en harmonie parfaite,
Créent un tableau vivant, qu’un instant seul arrête.

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Un acte manqué réussi !

Glissant de ma main
Le poème chuta
Fracassé à terre
Au nez de Voltaire


Explosant en vers
Dévorant les œuvres
Voltaire et Rousseau
Fragmentés en Rimbaud


Mots multipliés
Entrelacés dansants
Vers enroulés
Aux lumières idées


Promeneur perdu
Dans l’Émile égaré
Au carnaval des lettres
Éducation nouvelle


Mots entrechoqués
Orgie verbale folle
Illumine la nuit
De son éclat vorace


Vers en marche résolue
Vers les Lumières absolues
Sortir des abîmes profonds
Briser les chaînes des ténèbres


Combattre l’obscurantisme
Et ses dogmes fanatiques
Réduire en cendres les poncifs
Tabous et interdits restrictifs


Mots libres et affranchis
Des préjugés ennemis
Vers porteurs de clarté
Pour l’humanité éclairée


Poème émancipateur
Des esprits et des cœurs
Ode à la liberté
Et à la vérité


Acte poétique accompli
Qu’on aurait pu croire avorté
Mais le poème a surgi
Triomphant et libéré


Les vers échappés de mes mains
Ont su trouver leur chemin
Illuminant les lendemains
D’un feu ardent et sans fin

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Oh! Rage locale dans la campagne électorale?

Pastiche sur la fièvre éléctorale, inspiré de faits vécus ainsi que de Giovanni Guareschi et de son petit monde.

À la campagne comme à la ville, l’homme politique aime trôner en tête d’affiche. Quelle meilleure manière de briller lorsqu’on est en tête de liste, voire en ordre utile ? La fièvre électorale monte à la tête et frappe telle la foudre. Ici, dans notre petit monde, les affiches du candidat libéral semblent avoir été les victimes collatérales d’un orage capricieux qui les a toutes retournées.

Il faut dire que la situation était pour le moins complexe. Si les différentes tendances coexistent aisément dans les assemblées, c’est une autre affaire sous le plein soleil de la voie publique. La vénérable enseignante, ayant vu passer toutes les tendances politiques sur les bancs de son école, avait magnanimement accepté que trois tendances s’affichent à la grille de sa maison. Mais cela n’allait pas manquer de susciter certaines réactions, pour ne pas dire des réactions certaines.

Les bleus, les rouges, les mauves. Tous rouges d’efforts et verts de rage relevaient le défi. C’est ainsi que les élus et les bannis se lançaient dans une véritable joute d’affiches. Mais par un sombre soir, un mystérieux orage silencieux se produisit. Le panneau des bleus, pourtant déjà orné de cornes, de barbes et de lunettes ajoutées par quelques artistes locaux préférant rester anonymes, tomba mystérieusement de l’autre côté de la barrière. Les candidats semblaient se voiler la face contre terre, fâchés de devoir ainsi se mettre au vert, et ils auraient pu faire leur promotion au moyen d’une collection de noms d’oiseaux répandus aux alentours.

Quelle scène hilarante que celle de cet orage mystérieux frappant en période de fièvre électorale ! Imaginez notre candidat bleu, se promenant fièrement dans le quartier, pour découvrir ses affiches décorées avec un zèle artistique imprévu, puis renversées de manière si comique qu’elles semblaient appartenir à une ménagerie plutôt qu’à une campagne électorale.

Les passants, amusés, ne purent s’empêcher de commenter. « C’est le retour de la nature qui se moque de nos ambitions humaines ! » s’exclama l’un, plutôt philosophe. « Oui, et il semble que même les éléments se soient mis à voter ! » renchérit un autre, affichant un sourire narquois. Quant à un dernier, avec une pointe de malice, il déclara : « Encore heureux que les panneaux n’aient pas fini sur les roses ! La situation aurait été épineuse ! »

Notre vénérable enseignante, quant à elle, ne put s’empêcher de sourire en voyant le résultat de cet étrange orage. « Au moins », dit-elle en soignant ses fleurs, « les oiseaux ont trouvé de nouvelles surfaces où se poser ! » C’est ainsi, dans notre petite entité, la politique se mêle à la comédie, transformant chaque épreuve en une scène digne des plus grands théâtres de boulevard dans ce petit monde des deux Vernes où il se passe des choses qui ne se passent nulle part ailleurs.